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Posted on 8 oct, 2013 in Conseil en marketing Mobile et Code 2D, Feature | 0 comments

Analyse : le contenu augmenté fait sa rentrée

Analyse : le contenu augmenté fait sa rentrée

Trois ans que j’explique dans mon cours Marketing Mobile aux étudiants de Sup de Com les possibilités et l’intérêt des contenus augmentés en presse, en affichage et sur toutes sortes de supports physiques (PLV en magasin, prospectus etc)…

Trois ou quatre ans que les QR code apparaissent ici et là en France, mais quelques années aussi que l’on constate un manque d’à propos dans leur usage : des QR codes énormes dans le métro, lieu de perdition bien connu pour la connexion Internet du mobile de tout un chacun, des contenus déceptifs ou sans valeur ajoutée…En France, la connexion entre réel et virtuel, permise grâce aux QR code et autres systèmes de scan semblait du mal à voir vraiment le jour !

Et puis le magazine Be a lancé, en juin 2013,  un premier  numéro augmenté… et quelques annonceurs ont même suivi ! En cette rentrée Ikéa, Grazia et l’Express ont lancé leur édition augmentée…Révolution ?

Aujourd’hui, c’est Grazia qui a doté son numéro de rentrée de contenus augmentés (essentiellement des vidéos) et aussi le grand manitou du meuble, Ikea, qui propose des contenus augmentés dans son dernier catalogue et même la possibilité grâce à une application de réalité augmentée de placer certaines de ses meubles en situation dans son lieu de vie. Quand au vénérable hebdomadaire L’Express il propose également des contenus augmentés dans sa nouvelle version papier…

Alors les contenus augmentés seraient-ils enfin tendance et leurs possibilités maitrisées par les éditeurs, pubeux et marketeux en tout genre ?  Une petite analyse s’impose !

(Niveau pub, je n’ai rien noté de franchement innovant en la matière cette rentrée mais faites-moi signe si c’est votre cas)

L’accessibilité des contenus augmentés est largement optimisée

Pour être consultés les contenus augmentés et applications de réalité augmentée doivent d’abord être facilement accessibles. Comme on le dit souvent et avec raison, la simplicité d’utilisation est la première clé du succès des nouvelles technologies (des innovations en général pourrait-on dire).

Avant, scanner un code QR demandait le téléchargement préalable d’une application dédiée sur son mobile, une connexion Internet à haut débit et la compatibilité du contenu avec le téléphone…

Première embûche de taille : le téléchargement du logiciel de décodage…Il faut le chercher, le télécharger et donc attendre pour pouvoir, enfin, scanner le contenu ! Que d’opérations pour accéder au sacro-saint contenu augmenté ! Si bien que de nombreux lecteurs ou mobinautes peu aguerris (ou peu patients) laissaient tomber en cours de route…Ajoutons à cela que les codes 2D n’étaient pas tous au même format et nécessitaient parfois que l’on télécharge plusieurs logiciels différents (QR code, Microsoft code…).

La réalité augmentée selon Ikea

La réalité augmentée selon Ikea

Aujourd’hui, Ikéa et Grazia proposent tous les deux un logiciel de « scan » intégré à leur propre application mobile…Quand à l’Express il propose de télécharger une application spécifique « L’Express Connect »; elle vient donc en plus des deux applications l’Express qui existent déjà (Express online, et le magazine version mobile)…et franchement j’ai mis quelque temps à farfouiller dans les deux applis avant de savoir grâce à un insider, qu’il existait une 3ème appli spécifique… Bref.

Pour les trois publications, c’est clair, le code 2D compliqué est out :  nul n’est plus besoin de scanner un code 2D, mais plutôt une page qui est reconnue presque instantanément par l’application et s’affiche alors le contenu augmenté souhaité, soit dans une autre fenêtre soit en superposition du « réel ».

La technologie de reconnaissance d’image qui permet d’encoder des informations dans une image simplifie énormément l’action pour le mobinautes, ne serait-ce que psychologiquement, car le code 2D pouvait en effet apparaitre quelque peu barbare et effrayer les moins technophiles. Elle simplifie également les choses du côté de l’éditeur et de son directeur artistique qui n’a pas besoin d’intégrer un logo compliqué dans sa page mais seulement une courte phrase et ou un petit signe pour signaler le contenu augmenté dans une coin de la page…Même s’il y a des exemples de créativité remarquables dans le domaine des code 2D, il est tout de même sympa de pouvoir être libéré de leur tyrannie graphique.

Le fait que les différents media aficionados de la réalité augmentée aient eu la bonne idée d’intégrer les applications de scan dans leur applications mobiles favorise également le téléchargement de leurs applis, leur donne un prétexte et donc cela augmente d’autant les potentielles interactions avec leurs lecteurs (notamment via la mise en place de notifications) ainsi que l’exposition à la marque.

En outre, l’expérience de « lecture » augmentée est sans couture : on passe du magazine papier à l’application mobile, puis au contenu augmenté en restant tout au long de l’expérience en relation avec la marque media; on ne fait plus de détour par une application de scan tierce…

L’usage de base a donc été facilité et l’expérience multi-écran enrichie, des optimisations que les « lecteurs » du media ne peuvent qu’apprécier… reste à voir les chiffres d’usage dans quelques mois !

Des contenus augmentés à intérêt variable

Parmi ses contenus augmentés du catalogue, Ikéa propose rien de moins à ses futurs clients de tester les meubles de son catalogue en situation dans leur environnement…Et cela d’une manière très simple : il suffit de poser le catalogue à l’emplacement du meuble à « tester » pour ensuite le voir s’afficher en 3D dans l’écran du smartphone ou de la tablette.

Il est ensuite possible de le déplacer, de le faire pivoter etc avec des manipulations très simples sur l’écran tactile. On peut le dire l’effet est bluffant, voire spectaculaire et fonctionne parfaitement bien. Et cette application va au delà du simple gadget, puisque plus d’une centaine de meubles du catalogue sont disponibles pour la mise en situation en réalité augmentée !

D’autres contenus sont disponibles, essentiellement des vidéos de présentation des collections dont la pertinence et la qualité ne sont cependant pas à la hauteur de l’expérience 3D !

Concernant Grazia, pour le premier numéro, aucun annonceur n’a joué le jeu (ou n’a été contacté), le contenu augmenté n’est donc que du contenu éditorial (à l’exception de deux bande annonces de films) produit par l’équipe du magazine : les pages mode sont accompagnées d’une playlist musicale créée sur Youtube, une série mode plutôt drôle a été filmée en situation et la séance photo avec le mannequin vedette Saskia est également disponible en vidéo… Le courrier des lectrices est tout simplement….lu mot pour mot par le « beau gosse » qui y répond…

Courrier des lecteurs Grazia

Courrier des lecteurs Grazia

Bref, des vidéos, un peu de musique mais rien de très interactif ou ludique. Cela dit, la vidéo donne une dimension plus vivante au contenu du papier glacé, plutôt froid : la chaleur de la voix du Docteur Love a pu par exemple émouvoir ses lectrices fidèles ;).

Par ailleurs on note que la partie « sociale » a été « oubliée » : il aurait été pertinent de proposer le partage sur les réseaux sociaux des vidéos de la série mode par exemple…

Parmi les usages ludiques et participatifs, il aurait été pu être intéressant de faire apparaitre des objets, des animations ou des illustrations sur certaines séries mode qui s’y prêtent, ou encore de proposer aux lectrices d’envoyer leur email au courrier du coeur en cliquant sur un lien directement depuis l’application…

Du côté de L’Express, le contenu augmenté prend une autre dimension : lorsque l’on scanne l’édito de l’hebdo, on arrive sur l’édito vidéo tout frais du jour du célèbre Christophe Barbier : le contenu augmenté auquel on accède est donc actualisé en fonction du moment où le lecteur utilise son application.

Sur la plupart des rubriques, on nous propose de consulter des contenus complémentaires ou périphériques comme le fait un lien hypertexte sur le Web : cela va du blog du journaliste dont on lit l’article en passant par la consultation d’un contenu complémentaire en vidéo (exemple de l’émission les Immédiats), ou encore l’accès à L’Express Styles online.

Express Connect

Une fois la page scannée on nous propose des liens vers des contenus complémentaires

 

Ce que je trouve ici particulièrement réussi c’est le lien que permet la technologie entre l’hebdo et les différents sites édités par le media. On peut alors véritablement parler d’un media multi-écran. Il est en effet notable que les rédactions online et papier de nombreux magazines et journaux ont encore des rédactions séparées et ne profitent pas suffisamment de la complémentarité offerte.

Le contenu augmenté : une aubaine pour la créativité

Comme on l’a remarqué tout au long de cet article, parmi les nouveaux contenus augmentés proposés, la créativité n’est  pas toujours au rendez-vous mais le service rendu, lui, s’est largement amélioré : on consomme désormais l’information autrement et des interactions pratiques, comme celles proposées par Ikea, voient le jour…La complémentarité Web et papier est améliorée et valorisée par ces nouveaux modes de consultations qui permettent de varier les plaisirs de la lecture linéaire que l’on pratiquait autrefois en lisant un catalogue ou un magazine…

Cependant, au regard de ce que proposent aujourd’hui les consoles de jeu (DS 3D et Kinect pour ne citer que ces deux là) et plus largement des possibilités offertes par la réalité augmentée, on peut se dire aussi que la créativité a encore largement sa place et peut s’exercer…On peut pour cela s’inspirer de ce que fait par exemple Etienne Mineur depuis quelques années avec les éditions Volumiques.

Le Monopoly moderne utilise la technologie des éditions Volumiques

Le Monopoly moderne utilise la technologie de reconnaissance des éditions Volumiques

Bien sûr ses objets connectés sont principalement utilisés dans les univers du jeu et de la narration auxquels ils donnent une nouvelle dimension, mais pourquoi ne pas rendre aussi l’information et la publicité plus ludiques, interactives et multi-sensorielles ? 

Si vous connaissez des exemples de publicités ou de media augmentés intéressants, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire !

 Visuel d’illustration issu du jeu Starlay par les éditions Volumiques 

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